Colloque - Intégration du développement durable à la formation post-secondaire
Objectifs d'apprentissage et pratiques innovantes

Souhaitant poursuivre la réflexion amorcée lors du premier colloque tenu lors de l’ACFAS 2011, le présent colloque, qui s'est déroulé les 7 et 8 mai 2012 à Montréal, s'est plus spécifiquement intéressé à la définition d’objectifs d’apprentissage, à l’interdisciplinarité et aux pratiques innovantes des enseignants de niveaux collégial et universitaire dans l’intégration du développement durable à la formation.

Les présentations ont été regroupées en cinq grandes thématiques:

Enjeux politiques et institutionnels de l'intégration du développement durable à la formation

Alain Webster, Université de Sherbrooke

Collaborer pour intégrer le développement durable à la formation

L’enjeu du développement durable est l’occasion pour nos institutions d’enseignement supérieur de développer une culture institutionnelle où se renforcent mutuellement les activités d’enseignement, de recherche et de gestion institutionnelle tout en resserrant les liens avec la collectivité. Avec le soutien financier du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec, deux universités et cinq cégeps québécois se sont réunis dans le cadre d’un projet visant l’intégration du développement durable à la formation collégiale et universitaire. Dans le cadre de ce projet, l’intégration du développement durable à la formation opère selon quatre niveaux : celui de l’accompagnement des professeurs, celui de l’intégration dans les programmes, celui de l’intégration institutionnelle et enfin, celui de la collaboration régionale entre les institutions. Cet article plaide pour une stratégie à géométrie variable et intégrée, i.e. qui reconnaît d’une part l’expertise des professeurs dans leur domaine tout en déployant des actions structurantes à l’échelle des programmes et des institutions en tenant compte du contexte institutionnel. Il apparaît que l’intégration du développement durable au parcours des étudiants passe non seulement par la voie académique, mais aussi par les activités péri-académiques ou  parascolaires, voire par l’ensemble du cadre de vie qu’incarne l’institution.

François Bourqui, Haute École pédagogique, Fribourg

L’Assemblée plénière de l’ONU a déclaré que la période allant de 2005 à 2014 serait la «Décennie pour l’éducation en vue du développement durable». C’est la raison pour laquelle la Conférence suisse de coordination pour l’éducation au développement durable (CC EDD), composée de six offices fédéraux, du Secrétariat général du Service de lutte contre le racisme (DFI) et de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP), a adopté un plan de mesures en vue de promouvoir l’éducation au développement durable. Ce plan contient quatre mesures visant à soutenir à l’échelle nationale l’intégration de l’EDD dans les écoles et dans les établissements de formation des enseignantes et enseignants.
Au niveau suisse, l’élaboration de nouveaux plans d’études est avancée. Celui de la partie francophone du pays est accepté et mis en oeuvre, le Plan d’études romand (PER). Reste à renforcer et développer la formation initiale et continue des enseignantes et des enseignants. C’est la mission du projet de la COHEP.
Comment ce projet d’introduction de l’EDD dans les lieux de formation est-il conçu ? Quelles sont les stratégies qui ont été retenues pour arriver à élaborer des recommandations pour les instances dirigeant les Hautes Ecoles de formation ? Quels sont les défis à relever pour mener à bien un tel processus à un niveau national ?
Cette communication a pour but de présenter ce projet, conduit en co-loading House par deux Hautes Ecoles Pédagogiques de deux régions linguistiques différentes (HEP Fribourg / HEP Zurich) : processus mis en place, état des lieux de la formation en EDD en Suisse, élaboration de fondements didactiques et exemples de pratiques à valoriser, recommandations à l’intention des directions des institutions de formation.

Développement durable et éducation

Francine Pellaud, Haute École pédagogique, Fribourg

Enseigner le développement durable ou éduquer au développement durable? De la compréhension du concept au passage à l'acte: les obstacles à franchir

(Communiquer par courriel avec l'auteure pour plus de détails sur sa présentation pellaudf@edufr.ch

Si enseigner le développement durable peut se faire à travers l’acquisition de connaissances dans une vision pluridisciplinaire, éduquer en vue d’un développement durable est plus subtil et plus délicat. En effet, l’éducation ne se limite pas à fournir une certaine quantité de connaissances sur un sujet donné. Elle fait appel à nos valeurs, au sens que nous donnons à notre vie, elle vise à développer l’autonomie de pensée et donc le sens critique autant que l’investissement et l’action. Néanmoins, même si cette éducation en vue d’un développement durable dépasse l’acquisition de connaissances, elle ne saurait se passer de sujets concrets. Elle se « nourrit » donc de thématiques de développement durable. De ce fait, enseignement ou éducation possèdent en commun des outils intellectuels (tels que l’approche systémique), organisationnels (tels que l’inter ou du moins la pluridisciplinarité), alors que l’éthique relative au développement durable se décline dans son éducation par le biais de la clarification des valeurs. Dans tous les cas, nous devons quitter les raisonnements habituels, les logiques linéaires et/ou binaires pour entrer dans des systèmes de pensée qui acceptent de prendre en compte le flou, l’incertain, l’ambivalent, l’aléatoire et le paradoxal. Autant d’éléments qui ne rendent pas aisée la prise de décision et qui obligent à abandonner définitivement l’idée de certitudes ou de solutions absolues. Cette présentation vise à mettre au jour ces modes de raisonnement, les difficultés qu’ils rencontrent face à une formation des enseignants s’inscrivant dans un modèle universitaire, en même temps que les approches pédagogiques qui permettent de les développer. Des exemples pratiques illustreront les apports théoriques afin de donner une dimension concrète à l’exposé.

David King Ruel, Université de Sherbrooke et
Jonathan Jubinville, Consultant en développement durable 

Le développement durable et l'évolution du paradigme scolaire

L’enseignement au développement durable est aujourd’hui un défi de taille pour les établissements d’éducation. Parmi les difficultés qu’il pose, une définition claire des concepts à enseigner et l’identification des meilleurs moyens pour y arriver sont centrales. Dans le but de contribuer à la réflexion et d’explorer des pratiques innovantes d’intérêt pour l’EDD au Québec, nous proposons une communication traitant des thèmes suivants :

Quoi enseigner : Une pensée systémique

Le développement durable n’est pas une connaissance à acquérir, mais une nouvelle conception de la connaissance, une compréhension systémique du monde. Un monde durable ne pourra être le fruit d’un ramassis de solutions standardisées et déconnectées.

Comment l’enseigner : Le média, c’est le message

Il est impératif d’adapter nos méthodes d’enseignement afin qu’elles soient compatibles avec les valeurs suggérées par le développement durable, sans quoi nous pourrions évoluer dans l’incohérence, voire diminuer le progrès d’un réel développement durable.

Critique de la segmentation possible entre le quoi et le comment

Un bon apprentissage demande une cohérence entre le média et le message. Enseigner le développement durable sans faire évoluer de même façon nos méthodes d’enseignement serait contre-productif et source de confusion. À ce jour, les établissements d’éducation sont toujours un modèle de segmentation du savoir, de rigidité et de conformisme, tout à l’opposé du changement que suggère le développement durable. De plus, souhaiter une intégration du développement durable dans le contenu des cours sans d’abord travailler à former les enseignants à ce concept pose un problème important.

Approche programme et réalité du marché du travail

David Tremblay, Olivier Riffon, Ian Serger et Nicole Huybens, UQAC

L’approche éco-conseil du développement durable, un cadre pour un enseignement transdisciplinaire

L’approche éco-conseil du développement durable enseignée depuis 10 ans à l’Université du Québec à Chicoutimi propose l’exploration d’un concept flou, polysémique, controversé, mais désormais invoqué dans toutes les controverses socio-environnementales. La nébuleuse que forme le développement durable a favorisé ici le développement d’une pédagogie non-conventionnelle, axée sur l’apprentissage pragmatique de la complexité. Les programmes utilisent des dispositifs didactiques et pédagogiques originaux.

Le DESS en éco-conseil offert à l’UQAC propose ainsi une approche transdisciplinaire qui se répercute dans divers aspects de la formation : les cohortes composées d’étudiants de diverses disciplines, les professeurs issus de différents départements, les thèmes (eau, agriculture, gestion des matières résiduelles, etc.) présentés par plusieurs intervenants qui en abordent les dimensions écologiques, sociales, politiques, économiques, techniques, éthiques, etc. L’enseignement est dispensé par deux professeurs principaux qui sont accompagnés tout au long de la formation par une communauté de pratique multidisciplinaire (plus de 60 intervenants, conférenciers et chargés de cours).

L’approche éco-conseil du développement durable met en dialogue des savoirs pratiques, théoriques et l’expérimentation sur le terrain. Confrontés à tous ces savoirs transdisciplinaires, les connaissances, les perceptions et les représentations des étudiants vont évoluer. Ce mouvement praxéologique, entre la pratique et la théorie, aide à former des praticiens-réflexifs capables d’analyser les problématiques socio-environnementales dans la complexité, mais aussi d’observer et d’adapter leur propre action sur le terrain.

Cette communication présente l’approche éco-conseil, non pas d’un point de vue promotionnel, mais plutôt comme une pédagogie rebelle mettant l’accent sur la transdisciplinarité, l’éthique, la recherche praxéologique et la pensée complexe pour la formation de praticiens-réflexifs outillés pour accompagner les organisations dans leur prise en compte du développement durable.

Carole Corriveau, Centre universitaire de formation en environnement, Université de Sherbrooke

Évaluer l'évolution du développement des compétences des étudiants dans un programme interdisciplinaire

Avec le baccalauréat en études de l’environnement, le Centre universitaire de formation en environnement offre une formation interdisciplinaire où l’application du développement durable fait partie de l’analyse des enjeux environnementaux. Le programme a donc été conçu de manière à ce que les étudiants développent et intègrent des compétences associées à plusieurs disciplines, dans des domaines variés tels les sciences humaines, les sciences naturelles, le droit, la santé, l’économie. Cette préoccupation d’intégration interdisciplinaire se reflète également dans le profil des étudiants inscrits dans le programme puisque qu’une attention particulière est accordée afin de favoriser une représentation équilibrée entre les étudiants ayant un profil de formation en sciences et ceux de sciences humaines. Avec cette préoccupation viennent plusieurs considérations, en particulier concernant les compétences de départ d’étudiants de différents profils disciplinaires ainsi que le développement des compétences du programme. Afin d’avoir un portrait de la situation, il est important d’évaluer les compétences de départ des étudiants ainsi que l’évolution du développement des compétences de programme, ce qui permet de déceler les lacunes éventuelles d’étudiants selon leur profil disciplinaire source et les améliorations à apporter au programme. 

Une première expérience d’évaluation des compétences de départ des étudiants de la première cohorte du baccalauréat en études de l’environnement a eu lieu à l’automne 2011. Les compétences évaluées étaient en lien avec les compétences de programme. Cette évaluation s’est faite sous forme d’étude de cas, chaque question évaluant de deux à la totalité des compétences de programme, qui en compte cinq. L’expérience sera répétée à chaque année jusqu’à la fin de la formation afin d’évaluer la progression de la cohorte. L’analyse des résultats de cette étude de cas ainsi que les actions possibles pour corriger les lacunes éventuelles du groupe du point de vue interdisciplinaire feront l’objet de cette communication.

Joanne Léveillée, Ordre des Urbanistes du Québec

Chaque domaine professionnel, dont il est reconnu juridiquement des champs de compétences déterminées par un gouvernement doit répondre à des obligations juridiques et administratives. Au Canada, la responsabilité de la reconnaissance des professions a été déléguée au niveau de chaque province. Ainsi, l’État québécois, en vertu du Code des professions, reconnaît que seuls les urbanistes ont juridiquement la compétence de fournir au public des services comportant l’application des principes et des méthodes d’aménagement et d’utilisation du territoire.

L’Ordre des urbanistes du Québec (OUQ) a pour mission principale d’assurer la protection du public dans l’exercice de la profession par ses membres et la promotion de la pratique de l’urbanisme au Québec. L’une des responsabilités de l’Ordre est d’émettre un permis de spécialiste, c'est-à-dire un permis professionnel. L’émission de ce permis repose sur une série de mécanismes dont la reconnaissance, par l’Ordre, du programme de formation universitaire de ses futurs membres.

Depuis 2010, l’Ordre des Urbanistes du Québec, a entrepris la révision du mécanisme d’accréditation et des critères d’évaluation pour la reconnaissance des programmes de premier et deuxième cycle universitaires. L’intégration des objectifs et le développement des pratiques de développement durable dans la formation doivent s’intégrer dans un profil de compétences recherchés pour les futurs professionnels. De plus, dans un contexte de mondialisation, l’Ordre doit aussi intégrer dans sa révision, tout ce qui touche l’internationalisation de la profession.

Cette communication a pour objectif de rendre compte des recherches qui ont permis de redéfinir les éléments de connaissances et d’habiletés nécessaires dans un programme de formation de premier et de deuxième cycle universitaire dans le domaine de l’urbanisme qui peut mener à l’émission d’un permis professionnel.

Innovations pédagogiques

Gérard Denoual et Gérard Croteau, Centre universitaire de formation en environnement de l'Université de Sherbrooke

« Mettre en place une démarche de développement durable dans une organisation, en tenant compte des parties prenantes », tel est l’objectif du cours ENV793 – Développement durable dans les organisations, proposé à la maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrooke depuis l’automne 2007.

Une des approches pédagogiques utilisée dans ce cours est celle d’un jeu de rôle dans lequel les étudiantes et étudiants représentent des parties prenantes engagées dans la mise en œuvre de la démarche de développement durable d’une organisation.

Ce jeu de rôle se déroule sur l’ensemble de la session. Les étudiantes et étudiants se voient confier, en début de session, des objectifs confidentiels à atteindre, en lien avec les parties prenantes qu’ils représentent. Cinq séances de négociation, animées par une équipe d’étudiants (qui joue le rôle d’un consultant), sont planifiées pendant la session. L’objectif est la production d’un document commun, élaboré par l’ensemble des parties prenantes, afin d’accompagner l’organisation dans sa démarche de développement durable. Plusieurs autres livrables sont également associés à ce jeu de rôle.

La communication proposée présentera le contexte du jeu de rôle, son déroulement, les livrables ainsi que les apprentissages et défis associés à cette approche pédagogique.

Cette approche pédagogique a été développée par Gérard Croteau et Gérard Denoual, chargés de cours au Centre universitaire de formation en environnement de l’Université de Sherbrooke.

Nathalie Landry, Cégep de Saint Félicien et David Mepham, UQAC

Le Pôle régional de formation interordres en tourisme d’aventure et écotourisme… une promesse d’expérience éducatives interdisciplinaires de haut niveau au service du milieu

Le projet de Pôle régional de formation interordres en tourisme d’aventure et écotourisme est un modèle pédagogique novateur impliquant deux établissements d’enseignement et trois programmes de formation liés au secteur du tourisme d’aventure et de l’écotourisme. Dans le cadre de ce projet, le Cégep de Saint-Félicien et l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) se sont mobilisés pour venir en appui au plan d’action du créneau d’excellence en tourisme d’aventure et écotourisme de la stratégie ACCORD (Action concertée de coopération régionale de développement) qui vise à positionner la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean comme une destination de tourisme d’aventure et d’écotourisme de calibre international.  Ce projet structurant comporte trois axes de développement :  

1) la mise en relation des programmes en lien avec le créneau d'excellence en tourisme d'aventure et écotourisme (Techniques du milieu naturel et sa voie de spécialisation « Aménagement et interprétation du patrimoine naturel »; le programme TriplEX de Techniques de tourisme, ainsi que le baccalauréat en intervention plein air);

2) le développement de formations destinées aux intervenants et gestionnaires du milieu du tourisme et de l'écotourisme en collaboration avec les Services aux entreprises des deux établissements d'enseignement impliqués;

3) un centre d'entrainement pleinement intégré au milieu.

L’atelier présentera la démarche de mise en place de nouveaux procédés pédagogiques permettant d’offrir aux clientèles étudiantes et aux professionnels en cours d’exercice des expériences éducatives interdisciplinaires de haut niveau au sein même des entreprises et organismes de ce secteur.

Pierre Masson et Marie-Hélène Laprise, Cégep de Sherbrooke

À la fin de leur formation, les étudiantes et étudiants des programmes techniques doivent réussir une épreuve synthèse de programme qui sollicite leurs compétences acquises durant leurs trois années de formation. En ce qui concerne les étudiantes et les étudiants en Technique de génie mécanique (TGM) et Technologie de la maintenance industrielle (TMI), c’est la conception et la réalisation de prototypes de mécanismes de type industriels qui est visé. Cependant, depuis trois ans des projets touchant le développement durable sont aussi proposés par les professeurs responsables et retenus par les élèves finissants.

Les contextes d’interventions présentés en classe découlent d’une collaboration avec le Lycée Technique Industriel et Minier Mamba GUIRASSY de Kédougou où Pierre Masson a participé à l’implantation d’un BTS en électromécanique.  Lors de ses missions,  il a été sensibilisé à l’extraction artisanale de l’or (orpaillage) par les villageois. Pour ce faire, les orpailleursdoivent concasser la roche contenant le précieux métal et récupérer ce dernier en y ajoutant d’importantes quantités de mercure. En effet, le mercure agglomère spécifiquement l'or. Il ne reste plus qu’à l’évaporer, ce qui entraîne une dispersion de mercure au niveau environnemental ainsi qu'une inhalation des vapeurs par les orpailleurs. Les collaborations établies avec les enseignants du Lycée de Kédougou ainsi que des villageois ont permis de comprendre et de cibler des problématiques directement en lien avec l’orpaillage. Dans le cours de «conception et réalisation de projets», les étudiants ont été exposés à ces diverses problématiques afin qu’ils proposent et réalisent des outils pour contrôler les émissions de mercure. Ainsi, ils sont amenés à effectuer une démarche complète de résolution de problème allant de la prise de conscience des problématiques vécues par les paysans sénégalais, au développement de prototypes, à la recherche d’appui financier et dans certains cas, au transfert lors d’un stage.  

Ainsi, des méthodes de mécanisation du broyage du minerai aurifère, associé à des mécanismes de récupération des poussières ont été développées afin d’augmenter la productivité et protéger les orpailleurs des  émanations de poussières. Ces mécanismes ont été repris par les artisans sénégalais et font l’objet de multiplication sur le terrain. Parallèlement des cornues de récupération du mercure ont été développées ainsi que des méthodes de concentration de l’or sans usage de mercure. Il reste à optimiser les prototypes,  à les tester sur le terrain et à en assurer le transfert technologique. 

De plus, les interventions sur le terrain ont mis en évidence d’autres besoins en relation avec les pratiques des artisans orpailleurs notamment au niveau de la sensibilisation sur les risques inhérents pour la santé, l’environnement et la qualité de l’eau. Récemment, une enseignante du programme Technique de laboratoire en biotechnologie (TLB) s’est jointe au projet afin d’aborder ces thématiques. Ainsi, les étudiantes et les étudiants en TLB pourront échanger des idées et de l’information avec ceux de TMI et de TGM dans le but de participer à la caractérisation de l’eau traitée, au suivi environnemental de la contamination au mercure, à la décontamination des sites d’orpaillage et à la sensibilisation des orpailleurs. Une approche multidisciplinaire pour que la formation de nos élèves se traduises en actions.

Carole Villeneuve, Centre de formation universitaire en environnement, Université de Sherbrooke

La renommée du Centre universitaire de formation en environnement (CUFE) de l’Université de Sherbrooke pour ses programmes de formation en environnement se confirme une fois de plus avec la création d’un Baccalauréat en études de l’environnement unique au Québec. Ce programme s’inscrit dans les nouveaux besoins de formation offrant d’excellentes perspectives d’emploi dans les secteurs privés et publics. On constate déjà une forte demande pour ce programme lancé sous le régime coopératif, une distinction attribuée à l’Université de Sherbrooke depuis quarante ans.

Les premiers cours ont débuté en septembre 2011 au campus de Sherbrooke dont une activité obligatoire de trois crédits désignée ENV 120 - Développement durable : analyse de projet, laquelle a fait l’objet d’un essai réalisé par Madame Carole Villeneuve. Cet essai avait pour objectifs de développer un cadre de référence pour le cours ENV 120, de planifier et d’élaborer les aspects théoriques et pratiques de ce nouveau cours à l’intention des futurs enseignants du CUFE.

Basée sur une approche programme et multidisciplinaire, cet essai expose le contexte et la démarche pédagogique, l’identification et l’évaluation des compétences, la priorisation des thèmes et des sujets à aborder, la planification du cours, l’évaluation de l’enseignement et les facteurs clés de succès. Intégrée dès le premier trimestre du programme d’études, le cours ENV 120 vise l’acquisition de compétences telles que l’application d’une analyse de projet en fonction du développement durable ainsi que la compréhension entourant les principes de développement durable. Une approche spécifique au domaine de l’enseignement universitaire considérant l’innovation, les caractéristiques de la génération Y et les moyens d’enseignement adaptés pour de grands groupes a également constitué les bases du développement de ce cours.

L’expérience vécue à l’automne 2011 auprès d’une cinquantaine d’étudiantes et d’étudiants permet d’établir des parallèles avec la démarche anticipée dans le cadre de l’essai et de tirer des leçons de cette pratique très encourageante. Les thèmes abordés et les moyens préconisés pour l’atteinte des objectifs et des compétences du cours ENV 120 ont représenté des défis stimulants pour l’enseignement de cette matière vaste et complexe. Cette proposition de conférence se fonde sur le partage de stratégies et d’exemples concrets pour l’intégration du développement durable dans la formation universitaire et le renforcement des aspects professionnalisants dans ce domaine.

À l’instar de ce qui précède, rappelons que l’objectif du cours ENV 120 vise entre autres à doter les générations actuelles des fondements et des pratiques liés à l’environnement et au développement durable afin qu’elles puissent répondre aux besoins de la société et se tailler une place prépondérante sur un marché de l’emploi en forte croissance.

Sophie Gagnon, Cégep de Sherbrooke

L'aménagement durable du Campus du Cégep de Sherbrooke: une expérience de gestion intégrée des territoires

Depuis 2009, le Cégep de Sherbrooke a mis en marche un projet d’aménagement durable du campus. Le programme de sciences humaines a proposé aux étudiant(e)s de deuxième années inscrit(e)s au cours de Laboratoire de pratique sociale de réaliser un projet de recherche appliquée sur l’aménagement du campus. Dans le cadre de ce projet de recherche, les étudiant(e)s sont appelé(e)s à appliquer les principes et la démarche propre à la gestion intégrée des ressources naturelles et des territoires et à déposer un rapport de recherche au Groupe de travail sur l’aménagement durable du campus du Cégep de Sherbrooke. Les étudiant(e)s travaillent sur le portrait-diagnostic du campus : problèmes environnementaux, usages et communication du projet dans la communauté. Le travail se fait en équipes de deux à quatre étudiant(e)s. L’enseignante agit à titre de directrice de recherche. Afin d’assurer la qualité des rapports de recherche, les étudiant(e)s présentent l’avancement de leurs travaux à un comité d’experts à deux reprises en cours de session. Les commentaires de ces experts permettent aux étudiant(e)s de bonifier leur recherche et de mesurer les attentes du milieu. La thématique de l’aménagement durable du campus permet à l’enseignante d’exploiter des stratégies pédagogiques diverses : projet, coopératif, humanisme et permet aux étudiant(e)s d’acquérir des notions disciplinaires complexes en s’investissant dans un projet concret ayant des retombées dans la communauté.

Formation des enseignants et enseignantes

Bertrand Gremaud, Haute École pédagogique, Fribourg

La formation Profil: une idée innovante pour former les futurs enseignants à l'EDD

La Haute école pédagogique de Fribourg, institut de formation des enseignants primaires (4 à 12 ans) du canton de Fribourg en Suisse, se donne pour mandat de former des étudiant-e-s qui seront des personnes ressources dans le domaine de la Formation générale (FG), domaine s’inscrivant dans une perspective d’éducation au développement durable. Ce domaine transversal de la FG a pour but de répondre aux attentes relatives à la tâche éducative de l’école et figure dans le nouveau curriculum romand appelé Plan d’étude romand (PER).

Le domaine de la Formation générale, tel qu’il est décrit dans le PER, s’apparente à un état d’esprit, une aptitude de pensée et à penser dont les visées prioritaires sont:

  • « Développer la connaissance de soi sur les plans physique, intellectuel, affectif et social pour agir et opérer des choix personnels.
  • Prendre conscience des diverses communautés et développer une attitude d’ouverture aux autres et sa responsabilité citoyenne.
  • Prendre conscience de la complexité, des interdépendances et développer une attitude responsable et active en vue du développement durable. »

Afin d’atteindre ces objectifs à l’école, la HEP Fribourg a développé des modules de formation des enseignants tout à fait innovants à travers « Le profil Formation générale ». Ceux-ci s’articulent autour de principes interdisciplinaires visant le développement tant de compétences que de connaissance, sur fond de débats éthiques et de clarification des valeurs. Leur structure, leur mise en œuvre dans la grille horaire, leurs contenus n’ont qu’une prétention : permettre à chaque étudiant d’être capable :

  • d’identifier, analyser et proposer des solutions pour des situations éducatives.
  • de planifier, réaliser et évaluer un projet éducatif de plusieurs semaines dans le cadre scolaire.
  • d’analyser des formes d’interdépendance entre l’environnement, la société et l’économie en utilisant les compétences de l’éducation vers un développement durable.

afin de devenir une personne de référence dans la conception et la mise en œuvre de projets éducatifs visant une éducation en vue d’un développement durable, en lien avec la vie intra et extra-scolaire.

Adolfo Agundez Rodriguez, Université de Sherbrooke

Approche politique et multidisciplinaire de l'éducation à la consommation

Bien que nous pouvons dater la naissance de l’éducation à la consommation au début du XXIe siècle, principalement aux États-Unis, ce n’est qu’à partir des années 1980 que l’intérêt pour la discipline s’est généralisé dans le monde occidental. Depuis lors et jusqu’à maintenant, l’approche répandue, tant au niveau du discours théorique que dans la pratique éducative, a pour objectif de former des consommateurs capables de bien se débrouiller dans la société de consommation actuelle, sans toutefois remettre en question cette société de consommation ni le système économique dominant. Toutefois, depuis le début du siècle, une autre approche émerge avec de plus en plus de force (McGregor, 2008). Il s’agit d’une approche multidisciplinaire alimentée par l`abondante réflexion sur la consommation issue du domaine de la sociologie (Desjeux, 2006; Bauman, 2010), une approche qui propose une éducation à la consommation centrée sur l`analyse complexe des aspects économiques, sociopolitiques et éthiques de la consommation, pour soutenir les choix et les actions, tant individuels que collectifs, que chacun prend en tant que citoyen appartenant à la société de consommation actuelle. Dans le cadre de notre présentation, nous présentons cette dernière approche de l`éducation à la consommation, que nous pouvons nommer politique, ainsi qu`un modèle d`intervention éducative adapté à cette approche.

Lionel Rolle, Haute École pédagogique, Fribourg

L'approche interdisciplinaire dans la formation des enseignants à la Haute École pédagogique de Fribourg: comment initier un processus complexe dans une institution du tertiaire?

Il est attendu des enseignants de Suisse romande qu’ils mettent en œuvre un nouveau plan d’études dans les cycles préscolaires, primaires et secondaires. Les grandes nouveautés de ce document se situent plus dans les aspects transversaux des domaines de la Formation Générale (FG) et des Capacités Transversales (CT) que dans les domaines disciplinaires. De nouvelles connaissances et compétences sont donc attendues des enseignants qui mettront en pratique cet outil. En tant qu’institution de formation des maîtres primaires, la Haute École pédagogique (HEP) de Fribourg se doit de proposer des outils de pensée et de travail à ses étudiants. Elle se doit aussi de vivre dans son cursus de formation la complexité liée à la transversalité. La HEP veut ainsi tenter, en tant qu’établissement du tertiaire, d’entrer dans un véritable processus interdisciplinaire ayant pour cadre une éducation en vue d’un développement durable.

Quelle est la faisabilité d’un tel projet ? Comment les formateurs voient-ils arriver ce nouveau dispositif de formation ? Quel sera l’impact d’un tel enseignement sur les étudiants ainsi que sur l’équipe enseignante ? Quelles liaisons entre le terrain et l’institution pourront être faites, notamment par le levier de la formation continue ?

Cette communication a pour but de présenter l’état initial d’une étude qui sera menée par l’unité de recherche « Didactique des sciences et éducation au développement durable » de la HEP Fribourg. Notre unité propose un nouveau dispositif de formation interdisciplinaire (vision systémique, collaborations, enseignement décloisonné) et la recherche conduite entre 2013 et 2015 portera principalement sur la faisabilité de ce projet et les impacts liés aux personnes concernées. Il s’agira, durant la présentation, d’exposer les représentations des formateurs, de partager le programme de la journée « point de départ » du 9 février de cette année et de donner les premières impressions, questions ou craintes relevées par les collègues. Nous pourrons conclure sur les premiers choix effectués par l’équipe initiatrice du projet.